Je vois une fenêtre avec deux vitres assez grandes, avec des bords et des grilles blancs, et des rideaux d’une couleur crème, comme la reste de la chambre. Enfin une fenêtre tout à fait banal. Mais c’est la fenêtre de mon enfance, de mon adolescence. Je me souviens de matins tranquilles passés en restant sur mon lit, en lisant des livres allumés par les rayons de soleil traversant par cette fenêtre - la seule lumière dans un monde d’ombre. Une lumière qui chauffe mes mains, qui révèle les poussières dans leur danse chaotique. Une paix incassable. Dehors, deux immeubles anciens, et entre eux une petite vue de la rue. Je me rappelle les cris des enfants pendant les festivals traditionnels. Mais le temps s’avance, et l’extérieur évolue aussi. Plus tard, la vue de la rue s’agrandit quand un des immeubles se détruit. Plus jamais de rires pendant les festivals. Le temps passe encore et il semble qu’avec moi la ville découvre aussi l’agitation de l’adolescence. Les voitures se multiplient. Enfin, après plusieurs années, le vide se remplit, mais d’un bâtiment commercial, à visage moderne et exécrable. Peut-être, ma ville et moi, nous partageons le même destin?
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