mardi 26 avril 2011

Circulation

Un jeune homme, assis tranquillement, seul, attend avec impatience. La voiture devant ne bouge pas. Il est trop engagé pour reculer maintenant. Cette route a beaucoup de circulation, mais c’est la seule route pour lui. Bien au-delà de la voiture devant, la mer de voitures, des camions et des autobus est gelée. Le temps est arrêté. Une voix lointaine lui parle de la nouvelle école à travers la ville. « Donnez à votre enfant un brillant avenir, aujourd’hui. » La voiture devant s’avance brièvement et s’arrête. Les ressources humaines compteront les têtes pour le séminaire de motivation aujourd’hui. Toutes les personnes disparues seront communiquées à l’entreprise. Ceux signalés à l’entreprise recevront une réprimande et ne recevront probablement pas leur prochaine promotion prévue. Ceux qui ne reçoivent pas leur prochaine promotion prévue deviendront moins riches que leurs collègues de la même motivation. Les épouses et les enfants seront déçus par des cadeaux pas chers et des vacances annulées. On pense à ces choses et essaie rapidement à penser à quelque chose de moins triste. Pas l’avenir. La voiture devant s’avance brièvement et s’arrête.

Le jeune homme sent qu’il est observé. L’homme qui vend les hamburgers sur le panneau d’affichage. La femme qui fait la promotion des blanchisseurs de dents. Le vieux mendiant à l’autre côté de la rue. Ils connaissent probablement l’entreprise. Ils jouent au golf ensemble pendant des voyages d’affaires à Hawaï. Quand la productivité est en baisse et l’entreprise embauche des experts d’efficacité, ils ne se soucient pas ; leurs emplois sont sûrs. S’ils le voient dans la circulation et il ne suit pas au bureau à 9 heures, c’est la fin de son carrière. Deux options : on se débarrasse d’eux sans trop de commotion ou trouve une route vers le bureau avant 9 heures. Un oiseau qui porte un bagel à moitié mangé survole au-dessus. A moins que ce bagel était imbibé du café, cet oiseau se fait arnaquer. La voiture devant s’avance brièvement et s’arrête.

Il commence. Un passage du cyclomoteur sur la gauche s’arrête brusquement par une porte de voiture ouverte. La fumée jaillit d’un pneu. Les voitures passent vite, le vent froid contre ses jointures blanches. La porte de la voiture ouverte devient un point noir à la distance. Le trottoir fait un bruit de pulsation comme un cœur vivant. C’est là que le cœur de la ville réside. Si il reçoit sa promotion cette année, il donnerait à son enfant un brillant avenir. Il veut juste ce que tout le monde veut. Une bouche d’incendie passe, ouvrant une profonde coupure à la jambe. Le sang court de la plaie indolore. C’est l’héritage de sa famille. Ses ancêtres sont venus dans ce pays pour échapper à l’oppression et obtenir les paquets de bonnes prestations. Un camion à ordures, feux orange clignotants, se rapproche rapidement sans aucun espoir d’échapper à la collision. Ses yeux se ferment.

Il est réveillé par les coups de klaxon qui remplissent l’air. La voiture devant a voyagé de plusieurs mètres. Ses yeux noircis par de nombreuses nuits sans sommeil, il libère le frein pendant quelques secondes.

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