On peut presque entendre le son des grillons. Le papier blanc reste sur le mur ; on ne peut pas mal interpréter ce qu’il annonce. Bien que le monde soit au comble de l’excitation, la ballerine de quatrième génération ne remarque que le papier qui écrase son rêve.
« Je ne l’ai pas reçu. »
« Quoi ? »
Mais Chantal ne voulait pas dire à sa meilleure amie que elle a dit. Elle se force pour sourire. « Félicitations ! Tu feras le rôle de Giselle. C’est fabuleux. » Une ballerine apprend à jouer un rôle quand elle est jeune ; et c’est exactement ce que Chantal fait. Son joli sourire disparaît rapidement.
…
« Mais maman, ce n’est pas juste ! Vous et grand-maman avez dansé le rôle ! J’ai toujours voulu le danser. Comment est-ce que je ne peux pas?» Chantal se lève et met sa tasse vide de thé dans l’évier.
« Chantal, tu es une très bonne ballerine. J’admire que tu sois ambitieuse et que tu travailles très dur. Mais, tu ne peux pas toujours recevoir ce que tu veux. C’est la vie ! »
« Alors, ma vie ne m’aime pas. »
La mère de Chantal la regarde alors que Chantal transforme la cuisine en sa propre petite scène « Arrête. Pense positivement pour un moment. Comment peux-tu améliorer la situation ? »
…
C’était la première fois que Chantal Duvernay ne serait pas excitée à lacer ses ballerines. Depuis que elle avait cinq ans, elle rêvait du rôle de Giselle. Maintenant, Fleur- pas elle- dansera le rôle. Fleur ne le mérite pas, elle réfléchit. Je viens à chaque répétition. Je danse pendant vingt heures chaque semaine. Ma mère et ma grand-mère ont dansé ce rôle ! Chantal se lève et se prépare à danser, dans le corps de ballet- pas le rôle de Giselle.
…
C’est la première nuit. Ce n’est plus une répétition.
On peut entendre le bruit des ballerines traînent. L’excitation tourbillonne dans l’air, en faisant bruire les jupes de tulles et en attrapant les chuchotements excités des danseuses nerveuses.
Les lumières brillent sur la peau claire de Chantal en coulisses. Elle remarque à peine l’odeur de la transpiration alors que elle regarde son amie qui glisse à travers le sol noir. Elle regarde son amie qui fait chaque mouvement avec beaucoup de précision et de grâce. Elle regarde son amie qui danse son rêve.
« Es-tu prête, Chantal ? », une autre ballerine lui demande.
« Oui, c’est mon heure, n’est-ce pas ? » Chantal se redresse et prend sa place. Elle ne peut pas danser le rôle de Giselle, mais un autre rêve peut encore se réaliser.
…
Cinq. Six. Sept. Huit.
La musique prend de la vitesse. Les mouvements devient nets et sans complaisance, comme le style de Brooklyn. Le regard de Fleur rencontre le regard de Chantal, et elles échangent un petit sourire. Rien ne s’attendait à voir cette tournure unique. Ce soir, Chantal accomplit son rêve. Ce soir, une vision, qui n’habitait que dans sa tête, finit par vivre sur scène.
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