J’évite les rayons du soleil sous la fraiche couverture d’eau. Le sable doux passe par mes mains et mes pieds, il tombe par terre. Un moment de paix, circulée du bleu infini. Sans terminaison, sans interruption. Je nage, je flotte, je me repose.
Rien ne dure éternellement.
Je commence à gouter le sel et mes yeux piquent. Je ne peux pas respirer. Mon corps me fait remonter à la surface.
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J’ai traversé le sable brûlant pour arriver à l’ombre de l’arbre. Prenant mes chaussures, j’ai regardé le bleu qui devenait le blanc. La lettre à côté de moi, pas lue.
« Louise ? Louise !»
C’était ma sœur qui venait vers ma cachette, hurlant mon nom.
« Oui ? Je suis ici, Carole ! »
« C’est Mama. Elle est tombée et Papa… il… il n’est pas retourné. Tu dois venir, je ne peux pas…pour Mama… »
J’ai regardé la lettre pas lue, hochant la tête à Carole. Nous avons marché en la direction du bruit et de la pollution, chez nous.
La ville sentait les eaux usées et la cigarette et l’humidité flottait lourdement. Le vacarme incessant, les vendeurs partout.
Droit, gauche, gauche, droit, on vient chez moi.
Le petit bâtiment n’était pas spécial sauf une verte boîte remplie de fleurs mortes. Nous sommes entrées ensemble, mais je suis retournée à une vie passée. J’ai monté les escaliers étroits et usés. Ma mère dormait, soufflant lentement.
« Mama ? C’est moi, Louise. » Elle a tourné, « Mama, c’est moi, Louise. » Ses yeux ont ouvert lentement avec une lumière. Essayant de se lever, son visage s’est rempli de douleur.
« Ma belle, Louise… viens ici … » Je suis allée à ses bras ouverts, « Mon cher angelot… ». Je pouvais goûter le sel.
« Oui, je suis ici maintenant, maman. » Pour un long moment, nous nous sommes étreintes. Carole nous a dérangé avec du thé et des petits gâteaux. Je buvais et je mangeais comme d’habitude, j’ai pensé à la lettre dans mon sac à dos, pas lue. Carole et moi parlions et ma mère nous regardait avec un sourire radieux. En dessous la même couverture sur laquelle je dormais quand j’étais enfant.
Mais, rien ne dure.
Quand nous parlions, mon père était à son lieu préféré, le bar. Un, deux, trois, dix… On a arrêté de compter. Mais quand tout le monde est sorti et le bar a fermé, il est retourné chez lui aussi.
Soudain, on peut l’entendre son corps ivre tomber les escaliers. Un son trop familier qui encore m’a donné peur.
« Louise, » Carole m’a dit doucement, « Cache-toi ! »
Mais je ne pouvais pas me déplacer et j’ai pensé à la lettre pas lue. La lettre qui contenait mon avenir. Je suis levée et je suis sortie de la chambre pour changer mon passé.
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